Le "web 2.0"

Au-delà de l’approche technique, toujours potentiellement source de querelles de définitions, nous envisageons le « web 2.0 » à partir des fonctionnalités qui sont le plus souvent mises en avant, et qui finissent par fournir une véritable « marque de fabrique » web 2.0. Il est à noter que ces fonctionnalités, que nous avons relevé par l’analyse successive de sites et d’applications ne sont pas toutes forcément liées entre elles et que les sites peuvent en privilégier telle ou telle, selon leurs besoins et leurs cibles.

- Partager. La facilité à charger des éléments, visuels ou non, associée à l’idée de communauté et de centres d’intérêts communs, héritée notamment des sites conviviaux de messagerie (caramail, yahoo, etc.) contribue à mettre en place des sites où l’internaute donne de manière ouverte à un public a priori non ciblé, accès à des ressources qu’il a créées (ses photos sur flickr, picasaweb, par exemple, ses textes dans des blogs), ou qu’il a identifiées (ses signets dans del.ic.io.us ou blogmarks par exemple).

- Participer/enrichir. Dans la foulée de la fonctionnalité précédente, celle-ci se distingue par une implication plus nette de l’internaute, qui ne met pas seulement à disposition des contenus, mais s’investit de manière plus prononcée dans la fabrication des contenus, par le biais d’annotations, de rédaction de commentaires ou de correctifs dans les wikis et les blogs, etc.). Ce modèle a débordé, par exemple sur la presse en ligne. Un site comme rue89.com est entièrement conçu à partir de l’idée de participation des internautes, même si c’est le journaliste professionnel qui garde la main sur les contenus et l’organisation générale de la matière.

- Documenter/indexer. Nous distinguons cette fonction, pourtant liée à la précédente (souvent la participation à l’enrichissement des sites fait appel également à des activités d’indexation par le biais de tags, pose de mots-clés, etc.), dans la mesure où elle contribue à déléguer des fonctions « métier » (celles des documentalistes et bibliothécaires) au public internaute.

- Personnaliser/filtrer. Grâce à des widgets, des flux Rss, à des outils comme netvibes ou la personnalisation dans Google actualités, il est proposé à l’internaute de se construire sa propre page d’accueil en fonction de son profil et de ses intérêts.

- Combiner/innover. En permettant de mixer différentes applications, en intégrant des flux de données venues de sources différentes dans une même interface personnalisable, le web 2.0 permet de bénéficier sur un même site d’une combinaison de services jusque là séparés. L’exemple le plus frappant en est l’essor fulgurant de la cartographie, qui accompagne désormais tout type d’informations et réalise la combinaison d’informations diverses, comme les entrées de wikipedia sur les cartes offertes par GoogleMaps, par exemple.

Du point de vue des usages le "web 2.0" confirme également le succès des services orientés vers la communication interpersonnelle, le partage et la personnalisation (au mél et la messagerie instantanée se sont ajoutés le blog et autres pages personnelles (my space), les services de partage du texte, de l’image et de la vidéo – wikipédia, flikr, youtube -, et d’autres services dits sociaux) allant même jusqu’à la création d’un autre individu sous forme d’avatar (secondlife).Ce succès a été favorisé par la maturité des internautes et les « technologies » web 2.0.La notion de « web 2.0 », outre son caractère orienté marketing souffre d’un flou en termes de définitions, dans la mesure où elle est censée recouvrir une réalité fort multiple, dont on ne retient, bien souvent, que quelques éléments superficiels.

Pour lire notre approche complète du web 2.0